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Rinomina : RE-FOUND

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RE-FOUND

Photo: Aurélien Mole
Photo: Aurélien Mole
Photo: Aurélien Mole

10 September 2021

To go to a garage sale, an Emmaus, a recycling center, in the street, to find a treasure, that is to say a painting, a drawing, a work that becomes soiled and damaged and waits to be revealed, touched, swept away.

As with the ring in The Lord of the Rings trilogy, its value becomes binding through belonging, through becoming his, hers, one's. And the line “- My precious..!" can be pronounced. The ring forged by Sauron has been buried in the mud too long, waiting for its time. The paintings that I unearth come out of the mud of anonymity, oblivion or / and destruction in order to go towards a glorification, mine first and then after that of the exhibition. My eyes, then your eyes.

It takes a certain affection, a certain gaze for a certain rehabilitation. I rework the canvas by painting, drawing directly upon it. It is profanation. It is mending.

I am not afraid of damaging the canvas because I act under its influence. I marry it, embracing it more or less chastely.I have been gold digging for years and I have a secret feeling that I am collecting treasure.I thus take the "second hand” idiom to the first degree, by wanting to lend a hand, with, paradoxically, intrusion, erosion of the subject already painted, already "loved" by someone other than me. To love a subject in painting is to freeze the image, freeze the heartbeat of the subject and have faith in the perpetual present of this beat. Like an intermission, a re-entry, a RE-FINDING.

“- My precious!” I cry when I see this painting that calls me from the midst of the others. I love this call. I love to recognise it among the rejected, the forgotten, the damaged, the ostracised - a favorite, a crush.

The canvas unearthed in garage sale was damaged and it seemed to me, was going to lose its life.

I wanted to make this "object" my own, to privatize it, to give it a VIP status, in my eyes at first, at least.

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Aller dans un vide grenier, un Emmaüs, une déchèterie, dans la rue, pour y dénicher un trésor, c'est à dire un tableau, un dessin, une œuvre qui se terre et s'abîme et attend d'être révélée, touchée, em-portée.

Comme l'anneau unique dans la trilogie du Seigneur des anneaux, sa valeur devient effective en appartenant à quelqu’un, en devenant sien ou sienne. La réplique « - Mon précieux..! » peut être dite. L'anneau forgé par Sauron est resté enfoui dans la vase trop longtemps et attend son heure. Les tableaux que j'exhume sont sortis de la vase de l'anonymat, de l'oubli ou/et de la destruction pour aller vers une glorification, la mienne tout d'abord puis celle de l'exposition. Mes yeux, puis tes yeux.

Il faut une certaine affection, un certain regard pour une certaine réhabilitation. Je retravaille la toile en peignant, en dessinant directement dessus. C'est une profanation. C'est une réparation. Je n'ai pas peur d'abimer la toile car j'agis sous son emprise. Je me marie avec elle et l'embrasse plus ou moins chastement. Je fais ce travail de chercheuse d'or depuis des années et j'ai impression secrète d'amasser un trésor. Prendre au premier degré le « second hand » en voulant donner un coup de main, avec, paradoxalement, intrusion, érosion du sujet déjà peint, déjà « aimé » par un/une autre que moi.

Aimer un sujet en peinture, c'est poser un arrêt sur image, figer le battement du cœur du sujet et avoir foi dans le présent perpétuel de ce battement, tel un entracte, une rentrée, une RE-TROUVAILLE.

«- Mon précieux ! » m’écrie-je en apercevant ce tableau qui m’appelle au milieu des autres. J'aime cet appel. J'aime reconnaître parmi les rebuts, les oubliés, les abîmés, les rejetés - un coup de cœur.

La toile dénichée en vide-grenier s'abîmait et me semblait-elle, allait perdre sa vie.

Je voulais faire mien cet « objet » trouvé, le privatiser en somme, en faire un objet VIP à mes yeux du moins, au moins.

 

 

With: Cécile Bicler

Press Release (PDF)